Nathalie Cholin

Psychopraticienne

Consultante en formation & gestion psychologique de crise

Nathalie cholin

Mathilde 6 ans

 

JUSTE UN STATUT

   Il y a 4 mois, nous avons perdu notre fille unique, Mathilde âgée de 6 ans qui a été emportée en trois mois d’une tumeur cérébrale.Au delà d’une prise en charge hospitalière marquée de dysfonctionnements graves, nous nous trouvons aujourd’hui avec mon conjoint dans une situation sociale très préoccupante.
Pourquoi?

Mon mari est artiste dans le spectacle pour enfants et moi, consultante et thérapeute dans la gestion psychologique de crise (j’ai coordonné pendant 15 ans la Cellule d’urgence Médico-psychologique du Val d’Oise). Deux professions Libérales aux services des autres, juste incompatibles avec ce drame que nous traversons aujourd’hui.
Les différentes démarches auprès de la CAF et du Conseil général ne donne rien aujourd’hui car « nous ne rentrons pas dans les cases »
Privés à jamais d’entendre cette petite voix nous appeler « maman »ou « papa », Mathilde disparait au fur et à mesure des interfaces administratives, bientôt il n’apparaitra plus jamais, qu’une magnifique petite fille nommée Mathilde, est née, a vécu, a illuminé avec son beau sourire, sa gentillesse et sa générosité de coeur la vie de beaucoup de personnes, dont la nôtre ses parents.

Il n’apparaitra plus jamais que nous étions une famille…
Par contre on « rectifie votre dossier », on supprime une demi-part, on augmente le quotient familial …Nous ne sommes ni veufs, ni orphelins, ni victimes. Nous n’avons pas de nom, ni de statut , juste amputés à jamais d’une partie de nous même, mais cette blessure reste invisible donc tout doit redevenir comme avant….

 Pourrions nous seulement étudier cette problématique ?
Serait t’il juste possible, que l’état puisse reconnaitre cette blessure profonde en apportant aides et assistances, juste pour que le temps,  nous laisse le temps de réapprendre à marcher, à raisonner, à entreprendre …


Serait t’il possible de ne pas effacer l’existence de Mathilde…..

Ce processus de reconstruction mobilise toute notre énergie et si l’on veut de façon authentique et vraie nous accompagner pour que l’on retrouve « l’envie d’avoir envie, » on ne peut continuer d’accepter toutes ces entraves qui ne font que ralentir voire même aggraver ce cheminement.